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Nov

Les restaurateurs à l’heure de la vente à emporter face au reconfinement à Saint-Quentin, Tergnier et La Capelle

Contraints à une nouvelle fermeture, les restaurateurs de l’Aisne repassent le plat de la vente à emporter. Si quelques-uns ont décidé de reprendre du service, d’autres s’y essayent pour garder un minimum d’activité. Et espérer une addition moins salée.

Pour subsister, limiter les dégâts du confinement, avoir un peu d’activité, comme un avant-goût de reprise encore bien incertaine. Les raisons qui poussent les restaurateurs à tenter la vente à emporter sont aussi diverses que les plats qu’ils proposent. Beaucoup ne le font pas, ou plus. Certains s’y aventurent. Mais tous ont la même attente vis-à-vis de ce service : qu’il ne se prolonge pas.

Le Rouget noir à Saint-Quentin a fermé une petite semaine du 19 au 25 octobre pour se refaire une beauté et proposer une nouvelle déco. Le lundi 26, il rouvre ses portes….pour les refermer 3 jours plus tard. Lors du premier confinement, le gérant du restaurant n’avait rien proposé. Cette fois-ci, Maxime Moreau a franchi le pas, « pour s’occuper », lâche-t-il un brin fataliste. Il propose la vente à emporter tout au long de l’année, « pour les aînés, des personnes âgées à domicile que l’on livre tous les jours 7 jours sur 7. Alors je me suis dit, avec le confinement, on va l’ouvrir à tout le monde. »

Les retombées ? Marginales…

Une activité dont il n’attend pas de grandes retombées. « Franchement, si ça me ramène 2 000 euros dans le mois ce sera très bien, poursuit-il. La plupart des gens qui m’appellent, c’est pour nous aider qu’ils font ça. »

Quelques mètres plus loin, Chez Mario propose depuis vendredi pizzas et pâtes à la carte, également à emporter. Pour survivre. « Le chiffre d’affaires quotidien tourne autour de 1 800 € en temps normal, alors que celui réalisé avec les ventes à emporter en représente à peine 10 % », reconnaît Marc-Antoine Strafella, en cuisine. Des débuts timides avec à peine une petite quinzaine de clients par jour. « Si ça continue à être calme, je fermerai comme tout le monde et je me barre en vacances pendant le confinement ! », plaisante-t-il.

Dans une autre pizzeria, au Patio, toujours à Saint-Quentin, la vente à emporter « permet de ne pas faire zéro, de maintenir un lien social, de voir un peu de clients, affirme Sophie Mahé, qui gère l’établissement avec son mari. Les gens, ça leur fait du bien au moral et à nous aussi. Et de subvenir un minimum à nos charges, même si on est dans les choux. »

Pour d’autres, la vente à emporter est plus subie que voulu. « On n’a pas le choix, il faut s’adapter », explique Jonathan Gaveriaux, qui gère le restaurant Le Trotteur en face de l’hippodrome de La Capelle.

Maintenir un lien social

« J’ai dû m’y remettre », concède-t-il, alors que sa première expérience n’avait pas été concluante. Pour s’y retrouver, il a modifié sa cuisine. « La clientèle est plus jeune, plus familiale, précise-t-il. Elle se tourne plus vers des menus de type friterie que restauration traditionnelle. Les prix de vente ne sont pas les mêmes non plus. Plus accessibles. Il faut tout tenter », termine le restaurateur.

À Tergnier, Le Port de la Meule s’est lui aussi lancé dans l’aventure. Les clients habitués viennent régulièrement. « La seule problématique c’est de prévoir la quantité à commander », explique Florent Barbotin, le restaurateur. Quant au choix, c’est le client qui s’adapte à ce qui lui est proposé et non le contraire, « ce serait trop compliqué à gérer. »

Si unanimement les débuts de ce deuxième service sont timides, les clients qui en profitent y trouvent leur compte. « Heureusement qu’il y a des restaurateurs qui font ça », déclare Geoffrey, un habitué de Chez Mario. « Faire de la vente à emporter, c’est important pour qu’ils survivent car ce sont les premiers touchés », estiment Nina et Mélanie, venues faire un saut pendant leur pause déjeuner. « On le fait pour rendre service car si on ne bosse pas, je ferme », lâche la patronne. Des paroles qui doivent résonner dans l’esprit de beaucoup de restaurateurs.

 

Mis en ligne le 4/11/2020 à 21:12 sur www.aisnenouvelle.fr – Photo G.H.

Source : https://www.aisnenouvelle.fr/id138169/article/2020-11-04/les-restaurateurs-lheure-de-la-vente-emporter-face-au-reconfinement-saint 

Par Ludovic QUILLET , George LUCAS et Gregory BEUSCART

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